Les entrepreneurs de demain

La semaine dernière on se posait la question de savoir si oui ou non la fibre entrepreneuriale existait encore à Lac-Mégantic. Des questions très pertinentes ont été soulevées, et nous ont fait réfléchir. Selon nous, elle existe toujours, et même qu’elle grandit jour après jour. Seulement, l’entrepreneuriat d’hier n’est pas le même qu’aujourd’hui.

Quel est le profil du nouvel entrepreneur ? La génération qui arrive sur le marché du travail, communément appelé génération  Z, est née et a grandi avec internet, a connu des traumatismes tels que le 11 septembre, la crise et l’instabilité financière, mais surtout elle prend conscience des défis colossaux auxquels elle devra répondre. Que ce soit face au changement climatique ou bien de la baisse du soutien de la part de l’État. Tous ces facteurs ont contribué à motiver cette génération à devenir plus indépendante, innovante et entrepreneuriale.

Cette génération cherche ainsi la stabilité financière, l’autonomie et la qualité de vie – qui passe forcement par la conciliation entre le travail et la famille. Ces

Les différentes "versions" que peut prendre l'entrepreneuriat.

Les différentes « versions » que peut prendre l’entrepreneuriat.

travailleurs ne cherchent donc plus la fortune ni la gloire, mais une expérience de vie riche et créative. Notons leur très haut taux de scolarisation, soit de 28% contre 15% chez leurs parents (statistique Québec, 2010). Ces jeunes ont des connaissances et ont une envie de les mettre au profit de projets innovants, qui entre autres répondent aux enjeux socio-économiques. Tous ces facteurs ont contribué à rendre cette génération entrepreneuriale.

Et étonnement peut-être, la région de Mégantic offre ces conditions répondant à leurs besoins. La stabilité financière vient du fait  qu’un dollar à Montréal n’offre pas le même pouvoir d’achat qu’ici. Faut-il vraiment le justifier ? Il suffit de penser au prix des logements, de l’essence ou des frais de stationnement. Avec un simple 100 $ il est possible de démarrer certains types d’entreprises (principalement dans le Web), en commençant petit et en grandissant à force de travail, de persévérance et de soutien. La qualité de vie est, quant à elle, liée au fait que la région et plus particulièrement la ville centre de Lac-Mégantic est une « ville à la campagne » et une « campagne en ville ». Tous les services s’y retrouvent et la région offre une vaste quantité d’activités pour tous les âges. Mais là aussi, nous pensons que tout le monde est d’accord sur le fait que la qualité de vie est l’un de nos atouts les plus importants.

Par ailleurs, l’article daté du 13 juin 2015 dans « Les Affaires« , décrit que «nombreux sont ceux qui reviennent [en région] pour créer leur entreprise» après avoir étudier en ville. Le discours des jeunes sur les régions aurait changé, puisqu’il est aujourd’hui synonyme d’une qualité de vie hors pair, loin du trafic urbain et la surpopulation des espaces publics. 80% des jeunes de moins de 35 ans qui migrent vers les zones rurales sont originaire des villes. Ils ont grandit avec ce rythme de vie et cherchent de nouvelles aventures.

Et ces jeunes n’ont pas peur de développer des entreprises puisque les moyens technologiques leur permettent d’atteindre les mêmes marchés que lorsqu’ils étaient à Montréal. Mais détrompez-vous, vous ne les rencontrerez pas sur la rue Papineau, ni dans le parc industriel.

Ces entreprises créées n’auront pas vocation à devenir des multinationales et à conquérir le monde. Cette époque est résolue. Ce sont des microbusiness qui pousseront comme des champignons justement parce qu’il est facile de se lancer et que ça ne coute pas trop cher. Ceci diminuant leur risque et leur permettant de toucher leurs potentiels clients en quelques clics. Dans ces conditions, pourquoi louer un local alors qu’ils peuvent vendre en ligne et convertir leur garage en atelier?

La région est pleine d’exemples pertinents tels que Toutanbwa (une ébénisterie artisanale qui vend ses produits en ligne) ou Ebenor Percussion (une jeune entreprise qui fabrique des percussions à la main). C’est en soutenant des entreprises comme celles-ci, à très haute valeur ajoutée, artisanales et uniques sur le marché, et en les encourageant à relever le défi de la liberté, de l’indépendance et de l’autonomie que la région de Lac-Mégantic va se réinventer et va retrouver le chemin qu’elle mérite.

D’ailleurs, le cours Lancement d’une entreprise donné au CFP Le Granit n’a jamais eu autant de promoteurs. La cohorte d’automne était composée de 27 personnes (en 2014 c’était 18) et la cohorte qui vient de commencer lundi a déjà atteint 27 participants. Bien sûr, ce n’est qu’environ 50% des étudiants qui se lanceront en affaires, mais la croissance est tout de même spectaculaire!

Et que faire des 80 emplois et plus actuellement vacants dont on est si préoccupé ? C’est bien idéaliste de notre part que de vanter les mérites de l’entrepreneuriat, nous diriez-vous. Peut-être… Ce que nous pouvons vous dire cependant, c’est que pour attirer et retenir la main-d’œuvre afin de pourvoir ces postes, il est essentiel d’avoir une communauté vibrante et dynamique. S’il faut certainement chercher des candidats, il faut que cela se fasse par une double stratégie qui vise également à soutenir le mouvement actuel de création de nouvelles entreprises. Selon nous, l’entrepreneuriat fait partie de la solution et est complémentaire aux efforts de recherche de tous ces employeurs.

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1 Comment

  1. Frédéric

    Excellente réflexion

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